Six mois de bonheur. Partagé .Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque... Un entrelacs de rires, de jambes, de fumée... les effluves de Dolce & Gabanna et d'Allure entremêlés... une phrase de piano pleine de langueur... l'hiver puis le printemps... mes mains crispées sur sa peau... sa voix qui me rends folle...l'obscurité radieuse qui règne dans ma chambre quand je dors dans ses bras... la fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables étreintes... le désir qui renaît aussitôt satisfait... l'oubli total de ce monde insignifiant... juste lui... juste moi... nos membres confondus... nos rires accordés... Et on se roule par terre dans la cascade de plumes virginales d'un oreiller crevé par nos excès... je me dérobe par jeu... puis je m'abandonne et retombe sur le dos... mes jambes nues en l'air... Après la jouissance, l'entente... et noyer mon regard dans ses yeux limpides... et offrir mon cou a ses lèvres avides... allumer une cigarette qu'on fume à deux... ne plus rien désirer... ne plus rien redouter... l'imperfectible satiété du corps a corps... du coeur a coeur... bercé par la musique extatique de mots d'amour qui me sont destinés... Délicieuse lassitude qui freine quelques instants l'enthousiasme de la passion... nos deux êtres épuisés gisent cote a cote... en silence... et exultent uniquement d'être ensemble...
Lui jouant négligemment avec mes longs cheveux épars sur l'oreiller... moi promenant mes doigts le long de la courbure de ses reins... et la force tranquille de son corps étendu dont le seul contact me brûle la peau et l'âme... non, je n'ai peur de rien quand je suis dans ses bras... de rien... je fais de mon souffle l'écho des battements de son coeur, de mon corps le reflet de son corps, de sa jambe qui m'entoure une chaîne indéfectible... je le regarde dormir et l'ombre de ses cils sur sa joue mal rasée, sa moue d'enfant, sa main abandonnée, déchaînent en moi des passions disproportionnées...
Extrait de « Hell » Lolita Pille